• Le labyrinthe, chapitre 2.

    Nouveau week-end, nouveau chapitre!

    Voici donc la suite des aventures de Lazarre.

    Cette partie nous est narrée par le sieur Simon, aka Simon le magicien ou encore Simon le prude...

    Que vient de découvrir notre héros en levant les yeux vers le ciel? Quelles surprises attendent ce pauvre Lazarre? N'hésitez plus et précipitez vous sur ce deuxième chapitre!

     

     

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    Chapitre 2.

    Mot : serpette

     

    « Qu’est-ce que ? ! ! »…

    L’image qui s’imprimait implacablement sur sa rétine, glissa paresseusement le long de la cornée brillante, enflammant le nerf optique, pour se déverser, brûlante et lentement distillée, sur son corps encéphalique, troublant sa vision et son rationalisme.

    En levant les yeux, il avait espéré trouver quelques étoiles, une lune, quelque chose d’intuitivement familier.. Mais certainement pas ça.

    Perdu au sommet de ces tours massives, planant de façon sinistre et effrayante sur le ciel de son errance : une ville, retournée ! 

     

    La distance ne permettait certes pas à Lazarre d’apprécier toute l’architecture des monuments qui se dressaient, menaçants, au-dessus de lui, mais il en devinait les contours par la faible clarté qui découpait les arêtes de ces lieux, suspendus.

    Il tituba. Son esprit, en essayant de le protéger de la folie, avait engagé les forces physiques disponibles à la préservation de son équilibre mental.

     

    Incapable de détacher son regard, il scrutait ces sommets de tours, presque imbriquées, bordant des allées parallèles, perpendiculaires, larges ou petites, dont on ne pouvait discerner le sol, quadrillage rectiligne et obscur perdu dans les ténèbres.

    « Où suis-je ? », cette question l’obsédait maintenant. Peut-être rêvait-il ? Peut-être était-il mort ?

    Les tiraillements de son estomac réfutaient cette hypothèse ; et pourtant...

     

    L’Enfer ?…Un ciel d’acier, de béton, distant de quelques kilomètres, terrifiant.

    Lazarre le savait, il errait dans des couloirs aussi tortueux et improbables que les méandres de son esprit. Avant de perdre pied dans ce semblant de réalité, il lui fallait trouver une issue.

    Son cerveau se focalisa entièrement sur le moyen d’échapper à cette prison. Il se redressa. Sa jambe gauche plia. Grimaçant, il se forçait maintenant à marcher.

    Pourvu que le ciel ne lui tombe pas sur la tête…

     

    Marcher. Encore un angle. Encore une rue, une avenue ? Le chemin devant lequel il se trouvait était bien large de 5 m, bordé (encadré) par des immenses falaises de tôle métalliques, lourds pans blindés à la résonance étouffée et aux couleurs foncées. Peu de lumière, quelques néons à mêmes ces murailles d’acier. De l’acier trempé et riveté, recouvert d’une peinture verte, sombre. Le sol, humide, semblait composé de cailloux et de goudrons, mélangés à de la terre et de la poussière. L’enfer.

     

    Lazarre cogna du poing sur la paroi la plus proche. Quelqu’un pourrait bien l’entendre.

    Il y croyait à peine…

     

    Mais – était-ce un miracle ? - quelqu’un l’entendit… ou tout du moins lui apparut, derrière la peinture gonflée par l’humidité et maintenant écaillée. Le signe qu’il attendait.

    Il recula d’un pas. Sous la peinture craquelée, une main avait été dessinée. Quand ? Par qui ?..

    Fouillant fébrilement dans ses poches, il en sortit une montre à gousset, une poche à tabac (fumait-il ?),  une vieille pipe (il fumait !), en bois, mais assez solide pour l’assister dans sa tâche. Emiettant la fine pellicule de peinture séchée, il commença à dégager les contours de la main qui lui apparut alors tenir un couteau à la lame recourbée : une serpette !  Libérant ainsi son esprit de façon salutaire, il s’appliquait à mettre à jour le personnage singulier qui tenait l’instrument et coupait les fleurs d’un arbre, habillé d’une grande toge aussi blanche que sa longue barbe.

     

     Lazarre était persuadé que cette image lui rappelait quelque chose, la figure emblématique d’un temps ancien, perdu dans les brumes de son esprit …

    Un  Druide !  Le mot lui revint brusquement, surgissant du gouffre de sa mémoire et jaillissant comme une évidence, éclairant son visage d’un sourire nerveux. Une légende ... Il se concentra, reculant d’un pas. Il s’agissait bien là d’une fresque, relique d’un âge passé, recouvert par cette peinture; les murs en étaient peut-être couverts.

     

    A cet instant bien précis, il eut son premier flash.

     

    Il vit des livres. Une montagne de livres. La couleur d’un bois verni. Il sentait l’odeur du thé à la menthe. Il se voyait assis à consulter ces ouvrages, ces légendes, ces icônes…

     

    Mythologie.

    Il connaissait ce mot – évidemment -, comme s’il faisait partie de sa vie, comme un argument que l’on aurait mainte fois retourné, disséqué, épuisé plusieurs fois. Ses interrogations successives et enivrantes sur ces lieux, la menace du ciel d’acier, véritable épée de Damoclès, cédaient le pas à une excitation fiévreuse.

     

    Peu à peu, Lazarre dénouait les intrigues, tissant à nouveau le chemin de sa vie, un fil rouge, ténu, auquel pourrait s’accrocher sa raison. Son fil d’Ariane.

     

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